Mis à jour le 11 septembre 2018

Serena Williams a-t-elle vraiment été victime de sexisme ?

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La scène a fait le tour du monde et relance une nouvelle fois le débat concernant l’égalité hommes-femmes dans le sport. Après sa défaite dans des conditions pour le moins inhabituelles, Serena Williams n’en démord pas. Pour elle, la décision de l’arbitre Carlos Ramos était sexiste.

Pour se remettre en situation, Serena prend initialement une pénalité sans réelle incidence suite au coaching de Patrick Mouratoglou, son entraineur. Son deuxième warning est incontestable, et est lié à l’énervement de l’Américaine, qui venait de casser sa raquette.

C’est le troisième warning décerné par Carlos Ramos qui fait débat. Ce dernier a tout simplement infligé un jeu de pénalité (conséquence normale d’un troisième warning) à la joueuse suite à ses insultes. L’insulte en question étant le « voleur » répété à plusieurs reprises par la joueuse, qui subissait un sentiment d’injustice à ce moment là.

Ce qui nous renvoie à la digression dont tout le monde parle : Serena indique à l’arbitre qu’il n’aurait jamais agi de la sorte avec un match masculin.

Evidemment, l’information est fausse comme en témoigne le match de Rafael Nadal la saison passée, à Roland-Garros qui plus est.. L’Espagnol avait subi deux avertissements contestables. Mais là n’est pas la question.

Serena Williams s’est emportée devant un match qu’elle voyait filer, tant la Japonaise Naomi Osaka était parfaite du fond du court. L’Américaine a donc du expulser sa frustration comme elle le pouvait. Ce qui est inquiétant, c’est la récupération politique qui est faite de l’affaire, de personnes qui d’ailleurs n’y connaissent probablement rien au tennis.

Car oui, le tennis peut se targuer d’être l’un des sports les plus égalitaires au monde. Avec notamment une rémunération équivalente dans les quatre tournois du Grand Chelem aussi bien pour les femmes que pour les hommes. Chose par ailleurs unique dans un monde qui s’apparente de plus en plus à du business. Les matchs féminins rapportent en effet bien moins d’argent que les matchs masculins, de part un désintérêt général du public pour le circuit féminin, le spectacle étant très loin d’être au rendez-vous dans de nombreux matchs.

Il est donc totalement aberrant de voir à quel point l’agacement de Serena Williams, simplement heurtée dans son âme de championne, ai pu prendre de pareilles proportions.

L’arbitre n’a fait qu’appliquer un règlement. Il aurait certainement pu être plus emphatique, mais il a simplement appliqué un règlement. Là ou Serena Williams s’est pensée au-dessus des autres de par son statut d’icône du tennis féminin. Plus triste encore, elle aura même réussi à gâcher la plus belle victoire en carrière de la jeune Naomi Osaka en attirant les projecteurs sur sa propre personne.

Par Julien Guérin

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