Publié le 13 septembre 2018

La Belgique contre FIFA 19 et Electronic Arts ?

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FIFA c’est désormais plus qu’un jeu mais bien une institution, et ce partout dans le monde. Pour preuve, le dernier opus s’est écoulé à plus de 24 millions de copies.  La sortie de FIFA 19 est prévue pour le 28 septembre prochain.

Seulement, le lancement dans nos terres ne va peut-être pas s’avérer aussi facile pour Electronic Arts, l’éditeur du jeu. En cause, le système des packs disponibles pour le mode de jeu phare FIFA Ultimate Team, qui regroupe la majorité des joueurs.

Concrètement, moyennant une somme d’argent plus ou moins importante, vous achetez des packs qui vous permettent d’obtenir de nouveaux joueurs. C’est exactement le même fonctionnement que les vignettes Panini finalement, mais dans le jeu.

Plusieurs problèmes s’imposent alors :

Le système des packs mis en place est totalement aléatoire : vous pouvez aussi bien tomber sur Cristiano Ronaldo que sur un joueur de seconde zone.  Ce qui, au regard de la loi, s’apparente à un jeu de hasard, et donc d’argent.

Si ce système de packs n’a pas encore été officiellement défini comme cela, un autre aspect pose problème légalement parlant. En effet, l’éditeur se cache bien de définir un quelconque rapport de probabilité quant à l’obtention de tel ou tel joueur, comme il est normalement impératif de le faire pour un jeu de hasard.

Par exemple, lorsque vous allez acheter un ticket à gratter chez votre buraliste, vous aurez systématiquement la répartition des lots affichée au dos du ticket. Vous saurez que 2 tickets sur 1 500 000 cachent le gros lot.

Le souci avec les packs proposés par EA, c’est qu’aucun facteur de probabilité n’est affiché clairement au joueur. Et que concrètement, personne ne sait vraiment pour quoi il paie.

Ce système de micro-transactions est aujourd’hui la poule aux oeufs d’or des éditeurs, et comprend même 1/3 du chiffre d’affaire d’EA sur l’année 2017 : ça se chiffre en millards de dollars, c’est évidemment colossal.

Electronic Arts n’est bien sûr pas le seul éditeur à opérer sur ce système de « loot box ». Pour comprendre à quel point ce modèle est rentable pour les éditeurs, il suffit de constater le succès de Fortnite. Le jeu est totalement gratuit, et son éditeur fait pourtant des profits très importants. Comment ? Grâce aux micro-transactions une fois de plus. Les joueurs étant prêts à payer 15/20 euros pour acheter une tenue superficielle à leur personnage, alors pourquoi s’en priver ?

De nombreux joueurs montent au créneau et des pétitions sont disponibles en ligne pour condamner un sytème malhonnête et pourtant disponible à tous en quelques clics. Du côté de la Belgique, des mesures sont enfin en marche pour dénoncer ce sytème.

Premièrement, le jeu qui est actuellement considéré comme tout public devrait se voir interdir aux mineurs, comme le préconise notre loi sur les jeux d’argent.

A seulement quelques semaines de la sortie du jeu, Electronic Arts se moque évidemment totalement de la loi, et se risque donc à des poursuites qui pourraient lui valoir de fortes amendes. Des amendes qui devraient s’avérer bien inférieures aux recettes engendrées par les packs sur le territoire, ce qui permet de bien comprendre pourquoi l’éditeur se moque éperdument d’éventuelles poursuites.

Du côté du jeu en lui-même, les joueurs les plus aguerris on tous été profondément déçus du dernier opus, et beaucoup appèlent au boycott de FIFA 19. Seulement, et vous l’aurez bien compris : la vente du jeu en lui-même n’est plus le moteur de croissance de EA, mais bien les micro-transactions effectuées après achat.

Si EA conserve sa communauté vache à lait rien ne changera, et la marque continuera de proposer de nouveaux packs au détriment même de l’esprit d’un jeu-vidéo : l’amusement.

EA se moque de ses joueurs, se moque des lois, mais effectue toujours plus de profit. Alors le changement, c’est certainement pas pour maintenant.

Par Julien Guérin

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